entete-la-joie-du-monde-nouveau3

Télécharger le texte en pdf

Ce qui est décrit ci-dessous ne constitue pas un enseignement mais une vision universelle, à l’essence de toutes les religions et traditions au-delà de tous dogmes, de la façon dont chacun peut appliquer dans sa réalité au quotidien l’idée « de suivre un chemin d’éveil spirituel ».

 Le degré de maturité intérieure

Le fait d’entendre, selon la parole de Jésus Christ « Que celui qui a des oreilles pour entendre entendent », dépend du degré de maturité intérieure.

Entendre avec l’oreille du cœur et non avec la tête, Voir avec le cœur et non avec les yeux de chair est un principe essentiel décrit à travers toutes les religions et traditions.

C’est à cet endroit que se situe ce que l’on appelle l’ignorance.

« Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » a dit Jésus sur la croix.

La maturité intérieure ne dépend pas d’une volonté personnelle. Il en est ainsi. Tout arrive à son heure.

Un jour, l’aveugle recouvre la vue, la personne se met à entendre et découvre ce qu’il lui était impossible de comprendre auparavant.

L’évolution de la maturité intérieure peut être exprimée par l’idée d’un murissement de l’âme. Ce mûrissement est un processus quantique, ou encore multi dimensionnel.

Cette évolution intérieure n’est pas linéaire et ne peut donc être quantifiée mentalement à travers les limites du temps et de l’espace.

À cet endroit réside la difficulté absolue de tous enseignements spirituels, et la raison pour laquelle l’essence de toutes les religions a été tant déformée à travers les siècles.

Tout enseignement au niveau de la forme est une explication mentale de ce qui est transcendantal.

Ainsi, il est un non-sens de vouloir définir son degré de maturité intérieure. Par exemple, une personne peut exprimer un comportement, à travers un acte ou une parole, qui semble bien au-dessus de « son niveau de maturité intérieur habituel » et inversement.

Le mental interprète le mouvement de la vie en donnant une impression d’évolution intérieure. Tant que l’impression d’avancer subsiste, l’idée d’un « chemin d’éveil spirituel » a sa raison d’être.

Ainsi, à mesure que la personne se met à entendre, l’idée de progression s’efface devant l’Éternel ici et maintenant.

Un enseignement spirituel exprime donc le paradoxe de prouver son inutilité. Cette preuve n’est pas un savoir intellectuel mais la réalisation profonde de ce que je suis déjà, au-delà de tout ce que je pense être et cherche à être.

La personne qui mûrit intérieurement cherche activement des réponses existentielles, celle qui entend s’est libérée de toutes questions.

Celui qui entend sait qu’il n’y a pas de chemin vers l’éveil, car les notions de début et de fin, de naissance et de mort, résident en un même point, éternel ici et maintenant. Cela est vécu profondément dans la chair.

Celui qui n’entend pas ne peut comprendre cette phrase qu’intellectuellement, car l’heure n’est pas venue. Ainsi le chemin vers l’éveil est une avancée vers la prise de conscience qu’il n’y a pas de chemin.

Cette prise de conscience est le résultat d’une transformation alchimique qui produit une libération des différents corps (physique, mental, émotionnel, etc.), consumant toute volonté d’être (égo) pour laisser place à l’acceptation inconditionnelle de ce qui est.

La vie s’exprime alors par le seul fait d’être. Tout est accompli.

La capacité à entendre est donc un principe fondamental qui s’applique dans tous les domaines de la vie. Car au-delà de son aspect dogmatique, la spiritualité n’est pas distincte de la science, cela est simplement une explication de la vie.

 La prise de responsabilité

Le principe de murissement intérieur est un processus naturel, tout comme la chenille devient papillon. Au fil des expériences de la vie, les gens mûrissent et deviennent plus sages, plus réfléchis, plus intériorisés.

Seulement, si les gens changent naturellement, la plupart ne se voient pas changer. Autrement dit, ils se laissent évoluer, guidés par la force d’inertie, sans prise de responsabilité.

La responsabilisation est un redressement dans la verticalité de l’être. C’est un alignement entre l’esprit et le(s) corps. Or si la personne ne prend pas conscience des changements qui s’opèrent dans le corps, ceux-ci ne peuvent pas rester.

Ceci en vertu d’un principe fondamental, si Tout est Amour, Il ne peut être donné ou reçu mais seulement se reconnaitre.

Plus la personne entend, plus elle se voit changer de l’intérieur. Cette personne, de plus en plus responsable, sait qu’il n’y a pas de hasard, que tout événement qui arrive dans la vie a sa raison d’être.

Prendre ses responsabilités est accepter que toutes situations rencontrées dans son quotidien n’est que le reflet de son propre climat intérieur ici et maintenant.

Une âme mure est constamment intériorisée. Même s’il reste encore un égo, la personne voit alors de plus en plus le monde depuis l’intérieur. Qu’il s’agisse de peines ou de joies, tout devient une leçon de vie qui la fait constamment avancer sur son chemin d’évolution intérieure.

À un certain stade de maturité intérieure, la personne devient brûlante. La responsabilité totale, sans plus aucun compromis possible, accélère de façon exponentielle le chemin vers l’éveil.

Quoi qu’il arrive, elle est alors poussée par une force intérieure, la Foi, qui prend de plus en plus de place au travers des épreuves de la vie jusqu’à consumer totalement celui même qui éprouve.

L’individu s’efface devant l’évidence de sa véritable nature, jusqu’à s’effondrer en larmes, tombant littéralement en Amour avec le Divin. Cela est un état de glorification qui mène naturellement à rendre l’âme.

L’ignorance est à l’origine de tous les maux de l’humanité.

Ne pas entendre est le fait de croire en la réalité d’un monde extérieur, autrement dit séparé de soi. La plupart des êtres humains n’ont aucune conscience qu’ils ne vivent qu’une projection de leurs états intérieurs.

D’autres le savent intellectuellement mais n’en prennent conscience dans leur quotidien que lorsque la situation est acceptable pour eux.

Ainsi, selon le degré de maturité intérieure de la personne, le comportement trahit une plus ou moins grande malhonnêteté vis-à-vis de soi-même. Il est en effet plus confortable d’accuser l’autre que de se remettre en question.

L’égo est une zone de confort projetée dans le monde. Cette projection est de l’immaturité, autrement dit de l’irresponsabilité. La prise de responsabilité est une inconfortable remise en question.

L’inconfort est Grâce car en sortant de ses certitudes, on se donne la possibilité d’accueillir quelque chose d’inconnu, la paix. Celle-ci ne dépend pas du monde extérieur, quelles qu’en soient les circonstances.

Ainsi, tourner le regard vers l’intérieur est un apprentissage du pardon. Cela est mûrir intérieurement.

La grande majorité des êtres humains oscillent dans une plus ou moins grande léthargie, maintenant presque toujours le regard tourné vers l’extérieur.

La tradition christique définit cet état comme étant de la tiédeur, à l’opposé du brûlant décrit plus haut.

Dans le bouddhisme, il est défini deux sortes de souffrances, la souffrance inconsciente et la souffrance consciente. La tiédeur s’apparente à de la souffrance inconsciente.

La personne qui maintient le regard tourné vers l’extérieur anesthésie la réalité de sa souffrance par la consommation de plaisirs sans fin, s’interdisant par le même temps toute possibilité d’une libération.

Le comportement du consommateur se traduit dans tous les domaines de la vie, y compris celui de la spiritualité.

La majorité des êtres humains confondent, avec une plus ou moins grande malhonnêteté vis-à-vis d’eux-mêmes, le fait d’être ici et maintenant avec la consommation du concept de l’« éveil spirituel ».

Ainsi depuis le confort de l’égo, les gens font leur shopping et s’enfilent le nouveau vêtement à la mode : l’éveil. « Alors qu’est-ce que les Maîtres ont dans leurs rayons cette année ? »

À ceux-là Jésus Christ a répondu : « Je vomi les tièdes. »

Tant que la personne croit en la réalité d’un monde extérieur, elle va y réagir au lieu d’agir. Toute réaction est un comportement infantile qui exprime la volonté de maintenir à tout prix l’image que l’on a de soi-même.

Le tiède n’est que l’égo. C’est donc ce que la personne croit être. En sommes un ensemble de réactions affectives qui ne sont qu’une projection de la souffrance qu’elle n’est pas encore prête à s’avouer.

Tant que la personne n’est pas prête à se remettre en question, elle continue à chercher une réponse dans le monde, et adopte le même comportement consommateur en cherchant l’éveil. Les formes de consommation sont infinies.

Ainsi l’égo est de l’inertie. La plupart des êtres humains sont tels des zombies en réaction constante qui donnent et reçoivent des énergies les uns des autres, créant des fonctionnements de masse et des systèmes.

La brebis égarée ne doit pas rentrer dans le rang, elle est le modèle de celui qui a décidé de se lever et de marcher.

« Lève-toi et marche » est ce que dit Jésus Christ au paraplégique qui retrouve l’usage de ses membres.

Celui-là passe du tiède au brûlant. Cela n’est possible qu’à travers un acte de Foi.

Bien au-delà du concept encore trop superficiel du lâcher prise, il s’agit d’un abandon total, sans plus aucune concession possible.

Si la forme des expériences est unique pour chacun, le processus de mûrissement de l’âme est toujours le même. À force de tourner en rond en allant d’insatisfaction en insatisfaction, la personne finit par être usée de consommer.

Un jour on se dit « Stop ! Ok c’est bon, j’arrête. »

On arrête de faire semblant. On cesse de s’identifier aux rôles que l’on joue dans la vie, celui de parent, de fils, de collègue, de patron, d’employé,… On cesse de s’identifier à ses possessions, à ses connaissances, à ses valeurs, ses concepts, ses préjugés,…

La confortable image de soi, construite sur ses propres notions de bien et de mal, prend l’eau de toute part.

L’heure vient où l’on prend douloureusement conscience que quelque soient les expériences de vie que l’on éprouve, on ne trouvera tout simplement jamais la pleine satisfaction.

Dans cette perte de repères, le vacillement des certitudes permet l’accueil d’une prise de conscience nouvelle.

Les yeux de l’aveugle s’ouvre, la personne se met à entendre et tourne le regard vers l’intérieur pour découvrir que l’obstacle n’est pas l’absence de satisfaction mais celui qui cherche la satisfaction.

Il voit alors pour la première fois.

Cela équivaut au passage vers la deuxième forme de souffrance dans le bouddhisme, la souffrance consciente. Parce que la personne a maintenant conscience qu’elle souffre, elle se donne la possibilité de s’en libérer.

C’est un constat d’impuissance. Une prise de conscience qu’il n’existe pas de solution, pas de messie, que rien ni personne ne pourra jamais nous sauver.

L’égo rend les armes, tombe à genoux et s’incline devant cette Vérité. Cela peut se ressentir comme un acte de sacrifice qui permet, enfin, de laisser se dévoiler la dimension véritable du Sacré.

La mise à mort de l’égo est une Offrande. S’offrir au lieu de prendre pour enfin se permettre de recevoir. Faire tomber le voile de la personnalité pour être complètement nu comme un enfant, doux, innocent.

Cela est l’agneau de Dieu de la tradition christique qui seul est accueilli dans le Royaume des Cieux.

À partir de ce moment et à ce moment seulement, commence véritablement le chemin vers l’éveil spirituel.

Avant cet acte de Foi véritable, que la personne se considère être sur un chemin d’éveil spirituel ou non, elle n’a pas encore commencé à vivre, elle ne fait que faire semblant.

 Le commencement véritable

Tout ce qui vient d’être dit ci-dessus constitue donc un prérequis indispensable pour toute personne qui éprouve une aspiration sincère à suivre un chemin d’éveil spirituel. Pourtant, force est de constater que la plupart des personnes qui s’intéressent généralement à l’éveil spirituel commencent directement ici, en attitude de consommateur.

Le consommateur est la personne encore tiède, dont son manque de maturité lui fait inconsciemment sauter cette première étape indispensable de prise de responsabilité, afin de ne pas devoir faire face à ce qu’elle n’est pas encore prête à accepter en elle-même.

Autrement dit, l’individu ou la personnalité, c’est-à-dire l’égo, n’accepte pas de rendre les armes. Au contraire, parce qu’il a déjà beaucoup souffert, il est maintenant fermement décidé à suivre un chemin avec force et persévérance pour atteindre l’éveil.

Sauf que l’éveil ne concerne pas l’individu.

Lorsque l’égo se sent concerné par l’éveil, la prise de responsabilité est alors assimilée à une réaction de fuite ou de combat. Si la personne ne prend pas rapidement conscience de son fourvoiement, cette voie mène à ce que l’on appelle un « égo spiritualisé ». C’est-à-dire au fait de se croire être éveillé, alors que la Vérité ne souffre d’aucune croyance. Juste ici et maintenant.

Pour certains, ce genre d’expérience est aussi une grâce. Après avoir vécu un tel fourvoiement, la personne est maintenant capable de se mettre à nu.

Ainsi, se lever et marcher est une prise de responsabilité qui ne relève pas d’une décision égotique, cela vient de ce qui le dépasse. Cela ne peut être que si l’égo s’est effacé pour laisser émerger cette force.

Bien sûr, lorsque l’heure est venue, la personne qui vit cette prise de responsabilité a encore un égo. Mais cet égo ne peut que constater son impuissance et s’en remettre à cela. Cela donne l’impression que l’on n’a plus le choix, que cela se fait malgré soi.

D’une certaine manière, cette force nous redresse tandis que l’égo peut être un peu en perte de repère, peut-être un peu apeuré mais aussi prêt à accueillir ce qu’il sait ne pas pouvoir connaitre ni maîtriser. Différents sentiments contradictoires peuvent se mêler tandis qu’une force intérieure pousse irrémédiablement vers Cela. Cette innocence de l’enfant est le brûlant.

Ce brûlant dépend de la maturité d’âme de chacun. Quelques-uns le sont naturellement depuis la naissance ou très tôt dans la vie. Certains ont par contre besoin de faire pratiquement tout le tour des plaisirs du monde avant de se rendre à ce constat d’impuissance décrit plus haut. D’autres en prennent conscience après la consommation de certains plaisirs seulement.

La forme des expériences de vie est unique mais chacun finit par se dissoudre dans Cela. Le temps pour y arriver n’est par contre aucunement quantifiable pour ce processus de maturation intérieure qui est multi dimensionnel. Autrement dit, cela n’est aucunement lié à la durée de vie du corps physique.

La personne qui a décidé de se lever et de marcher, qu’elle se considère sur un chemin d’éveil spirituel où qu’elle n’éprouve aucun intérêt pour les notions de spiritualité, applique déjà dans sa réalité au quotidien l’idée « de suivre un chemin d’éveil spirituel » tel qu’elle est décrite ici.

L’idée de ce chemin est la suivante :

Suivre un chemin d’éveil n’est pas une avancée mais un recul vers ce que nous sommes déjà. C’est donc un effacement progressif. Au fil du chemin, l’Amour nous déshabille de chacune de nos croyances, de chaque identité qui ne nous sert plus.

Tel un oignon qui se défait de ses couches une à une jusqu’à ce qu’il ne reste… plus rien.

Ce que Je Suis en vérité, au-delà de tout ce que je pense être, se trouve au cœur de cette absence. Il n’est donc pas possible de l’apprendre, de le connaitre, de le découvrir, toute cette volonté d’être demande à s’effacer pour laisser le Sacré se dévoiler silencieusement de lui-même.

Même si elle ne possède aucune notion de spiritualité, la personne brûlante se voit changer au fil des expériences de la vie. Étant responsable, la personne sait que l’extérieur n’est que le reflet de soi, et évolue ainsi aux travers d’une remise en question permanente. Cette remise en question est un acte qui permet la prise de conscience du changement.

Cet acte est se permettre de recevoir.

Cela est l’accueil du Feu de l’Esprit qui vient toucher les changements qui s’opèrent dans le(s) corps à chaque prise de conscience.

Prendre ses responsabilités est ne plus tenter de prendre à autrui et ne plus attendre de recevoir d’autrui.

En cet endroit peut être entendu la phrase de Jésus Christ : « Aime ton prochain comme toi-même ». Celui qui est libre permet la liberté.

Cela est s’offrir complètement au Divin pour être à nu, dans l’innocence de l’accueil, sans prétention, sans participation, sans aucune volonté personnelle. Tel l’arbre qui laisse couler la sève sans jamais la retenir, orientant chacune de ses feuilles vers la lumière. Dans un accueil et une innocence absolue, il se permet de recevoir de plus en plus à mesure qu’il s’enracine et grandit.

Se permettre de recevoir est donc se redresser. Se tenir droit, digne. Se respecter. Cela est l’Amour qui s’exprime par le seul fait d’être. Cette expression est brûlante.

Cela est se lever et marcher.

Cette démarche laisse de côté tout savoir intellectuel au profit de l’expérience pure. Bouddha a dit : « Ne m’écoutez pas, expérimentez par vous-même ».

La personne brûlante, prête à se remettre sans cesse en question, expérimente la Beauté.

À travers l’accueil et l’offrande, elle expérimente l’humilité, qui elle-même permet la culture de l’amour et de la compassion.

Ces nobles vertus ne sont pas dissociables l’une de l’autre. Les cultiver de façon juste nécessite seulement d’être sans prétention, sans volonté personnelle, afin de se remettre humblement en ce qui nous dépasse.

Ainsi, il n’est pas possible de s’aimer soi-même, mais il est possible de laisser l’Amour prendre toute la place. La démarche de l’accueil et de l’offrande le permet. Cette démarche émane naturellement de la nudité, de l’innocence de l’enfant. Et c’est à travers cette innocence que s’exprime l’humilité.

L’innocence de l’enfant est belle, c’est la pureté de l’agneau de Dieu. Cette beauté est la porte ouverte sur un flot naturel d’amour et de compassion, ainsi que sur toutes autres vertus, telle la sagesse par exemple.

L’innocence est aussi émerveillement. C’est un accueil entier de ce qui est. Cela est Joie. Celui qui accueille pleinement la vie s’offre à la vie. Reste la joie elle-même, autrement dit la respiration naturelle de la vie, absente de considération. Joie entière consumée en elle-même.

L’innocence est une célébration de cette joie, qui mène à glorifier. Elle permet l’expérience de la Passion.

Enfin, à l’opposé de la culpabilité, l’innocence est un pardon.

Le pardon est une véritable clé pour celui qui a pris la décision de se lever et de marcher. Il lui permet de ne pas dévier de sa route. De ne pas se retourner dans sa marche. De rester droit, digne. De se respecter.

Pardonner est sans doute la seule tâche qui lui revient. Pour le reste, le fait d’avoir pris ses responsabilités est précisément la prise de conscience qu’il ne peut rien faire dans le domaine du Sacré. Car le Divin n’est pas un acte. C’est s’en remettre à Cela, dans un état d’accueil et d’offrande. Pardonner évite de tomber dans l’acte. Éviter de se considérer, de se juger. Laisser faire. Le pardon purifie tout ce qui n’est pas innocent. Il ne laisse place qu’à l’expérience de la beauté. Pardonner permet de recevoir, de laisser l’Amour prendre toute la place.

Ainsi, à travers l’apprentissage du pardon, se laisse dévoiler l’alchimie de l’Amour.

C’est le Miracle.

Ce miracle est la reconnaissance de la nature inconditionnelle dans un monde duel. Normalement, ces deux mondes ne peuvent pas se rencontrer. La dualité est de nature mentale et l’inconditionnel de nature transcendantale.

Le temporel ne se mélange pas à l’intemporel.

Le temporel est une distorsion mentale de l’intemporel. C’est la création d’un monde qui n’existe qu’à l’état de rêve. Une perspective de l’absolu limitée par l’espace et le temps.

De ce cadre erroné nait l’illusion du libre arbitre, un choix intentionnel qui mène inlassablement à prendre une chose pour en rejeter une autre. Plutôt que d’être dans l’innocence de l’accueil de ce qui est, le choix intentionnel créé la division (dualité) et entraine la souffrance.

L’intemporel est Amour inconditionnel. Cela est de nature illimitée, sans espace ni temps, autrement dit cela est liberté. L’Amour inconditionnel ne choisit pas, il est toutes choses simultanément. Ainsi, l’intemporel est ici et maintenant au sein duquel tout est possible.

L’innocence est dénuée d’intention. La parole, l’acte et le comportement coulent spontanément ici et maintenant, sans affection particulière. La parole, l’acte et le comportement auraient donc pu prendre n’importe quelle autre forme potentielle, sans aucun jugement. Il en est simplement ainsi.

Chaque intention est une identification à un rôle que l’on joue dans la vie. Celui de parent, de collègue, d’amant, d’amis, etc. Chaque identité revêt une multitude de caractéristiques. Le parent intelligent, autoritaire et infidèle, le collègue soumis et jaloux, l’amant rêvé, etc.

Les caractéristiques de chacune de ces identités, ainsi que les identités elles-mêmes évoluent au fil de la vie. Certaines identités sont plus rigides que d’autres, notamment celles liées aux premières années de vie du corps physique.

Toutes ces identités sont imbriquées les unes dans les autres pour former une prison psychologique. La réalité perçue à travers les filtres du mental est une projection de cette prison. Chaque acte, comportement et parole sont alors choisis pour maintenir le rôle auquel on s’identifie dans l’instant. La spontanéité ne peut pas s’exprimer, car le choix n’est pas libre d’intention.

Cette intention est un mécanisme réflexe, une réaction de survie qui se déclenche lorsque l’identité est menacée. Inconsciemment dirigée par ses choix, la personne croit être libre d’agir alors qu’elle ne fait que réagir.

Cette croyance maintient une condition d’être humain en souffrance et manipulable à souhait. Le drame est que cette torpeur psychologique semble sans issue, puisque ce rêve est maintenu par des mécanismes inconscients.

Ainsi, sans qu’il n’y ait une quelconque raison que cela puisse être différent, l’être humain est voué à souffrir éternellement. Cela serait vrai, s’il ne recelait pas en lui une merveille inconnue de la raison. La sensibilité.

Cette sensibilité n’est pas de l’ordre de l’émotion mais du sentiment.

L’émotion est connue de la raison. Ce sont des affections particulières rattachées à la notion de bien et de mal, de laquelle découle le jugement de valeur. L’émotion est le moteur de la réaction tandis que la pensée en est le déclencheur.

Le sentiment ne vient pas du monde duel. Il est le monde intuitif, intemporel, transcendantal. Le sentiment est ici et maintenant. Il ne dépend d’aucune circonstance, d’aucune forme. Il ne provient donc d’aucune croyance, d’aucune identité quelle qu’elle soit.  Il provient d’une dimension inconnue de la prison psychologique. Entièrement libre par lui-même, il ne se rattache à rien et ne peut donc être une réaction.

Plus le degré de maturité intérieur est important, plus la sensibilité grandit.

C’est cette sensibilité qui permet à la personne, lorsque l’heure est venue, de prendre ses responsabilités. Alors qu’elle est enfermée dans sa prison psychologique depuis des années, un sentiment lui fait soudainement prendre conscience qu’elle tourne en rond et lui permet de lâcher, d’abandonner.

Ce sentiment pousse au pardon. La sensibilité permet d’entendre, au-delà de la raison, un écho de miséricorde qui brise l’état de réaction constante.

Durant cet instant, le rêve mental s’arrête et laisse place à la spontanéité du présent, innocente. De cette simplicité se révèle la nature véritable de l’être, à nue.

Le miracle de l’Amour se trouve en cet endroit. Le pardon permet l’impossible en construisant le pont métaphysique entre la prison psychologique, de nature duelle, et la félicité, de nature inconditionnelle.

Le pardon casse les lois de la logique. Il est l’issue au sein même du labyrinthe mental pourtant cloisonné. Ce miracle est une transformation alchimique de la matière (les corps) qui donne un sentiment de légèreté intérieure. Ce sentiment est un espace intérieur qui augmente au fur et à mesure que l’on expérimente le pardon.

Pardonner dévoile la nature inconditionnelle de l’Amour ici et maintenant, quelle que soient les circonstances, les croyances, les identités. Il dissout la dualité, autrement dit tous jugements, en embrassant les contraires.

En cela peut être entendu la phrase de Jésus Christ : « Aimez-vous les uns les autres ». Lorsque l’entièreté des identités et croyances sont embrassées sans condition, la totalité de la prison psychologique se dissout en elle-même. Reste l’innocence, agneau de Dieu. Ici et maintenant.

L’innocence est dénuée de jugement. Dépouillée de toutes identités, il n’existe plus de critères de valeur, de point de référence. La considération est absente. Elle ne projette rien. Sans plus aucune projection, il n’y a plus d’impression de séparation, plus de distance psychologique entre Soi et « L’Autre » qui est alors vu pour la première fois. La phrase « Aime ton prochain comme toi-même » devient Vivante.

Apprendre à pardonner

L’apprentissage du pardon ne s’adresse qu’à celui qui a décidé de se lever et de marcher. C’est-à-dire à la personne brûlante, qui a décidé de se mettre à nu. Celle qui a pris la responsabilité de se permettre de recevoir.

Ainsi, à mesure que l’on cultive un état d’accueil et d’offrande, la nature miséricorde de l’Amour amène naturellement à pardonner toute résistance qui remonte à la conscience.

Le pardon est donc un acte responsable mais il n’est pas difficile.

Responsable car chacun a sa part de travail. La vie est une mise à l’épreuve propre à la maturité intérieure de chacun. Le pardon incombe à la personne sur son chemin, et à elle seule.

À mesure que l’espace intérieur grandit, l’image que l’on a de soi-même s’effrite. De nouvelles identités remontent peu à peu à la surface de la conscience pour être vue comme de simples croyances. Chaque croyance peut alors être quittée à mesure qu’elles sont mises en lumière.

Le principe est de s’y attarder le moins possible. Au plus vite on passe à autre chose, au plus vite l’espace intérieur continue de s’approfondir.

Quelques fois, certaines croyances sont plus difficiles à quitter. C’est le cas lorsque l’identification est importante. Si par exemple toute sa vie a été construite sur son travail, son couple ou ses enfants, la désidentification de son rôle de manager, de conjoint ou de parent entraine naturellement un ébranlement intérieur profond.

Chaque identité que l’on abandonne est un deuil. On meurt successivement. Aussi, lorsque l’identité ne nous sert plus, il ne sert à rien de résister, on sait qu’il est temps de la laisser partir. De lui rendre la liberté.

C’est à cet endroit que s’apprend le pardon. Lorsque l’on voit que l’on a des difficultés à lui rendre la liberté, ce n’est pas grave, on peut se pardonner de résister.

Ainsi, tandis que l’offrande et l’accueil se cultive, une force intérieure peut pousser malgré soi à prendre conscience qu’une identité à laquelle on s’est accroché toute notre vie ne sert plus.

Cette prise de conscience peut créer de fortes résistances face à l’inconnu, à la perte de repère que cela peut entrainer. En Vérité, cet inconnu est grâce, car il s’agit d’un espace vide de certitudes, vide de croyances qui est en train d’être accueilli. C’est un espace de paix inconnu de la raison.

En fonction du chemin de chacun, les résistances peuvent être plus ou moins longues avant d’accueillir cette grâce. À un moment, la personne prend simplement conscience que cette résistance est inutile. Qu’elle ne fait que se juger inutilement, qu’elle peut simplement quitter cette expérience, et laisser aller tout cela.

La personne est alors prête à faire le deuil. C’est le pardon qui survient. Il nait d’une force intérieure. Une force qui pousse à continuer à marcher, sans plus se retourner. Une force qui pousse à se respecter, à s’aimer. Car cette personne n’est pas cette identité, cette expérience à laquelle elle s’attache, elle est bien plus que cela, au-delà de tout ce à quoi elle s’identifie encore. Et si elle ne sait pas mettre de mots sur ce qu’elle est vraiment, cette force la lui fait éprouver de façon de plus en plus évidente.

Un deuil arrive lorsqu’il est temps. Le pardon ne dépend pas d’une volonté personnelle. Il émane naturellement à mesure que la sensibilité intérieure grandit selon le degré de maturité de chacun. Mais lorsqu’il est là, il revient à la personne de s’écouter.

C’est pourquoi le pardon est un acte responsable mais pas difficile. Il se fait lorsque la personne est prête. La culture de l’accueil et de l’offrande donne la force intérieure de pardonner lorsque le moment est venu.

L’expérience du pardon est donc une danse subtile qui se nourrit de la Passion. Comme le dit Arnaud Desjardins : « Le cœur avec Dieu et la main à l’ouvrage ». Cette danse ne peut pas se comprendre, elle doit se vivre, se respirer dans sa chair.

Cela n’est possible que si la personne a d’abord été touchée de l’intérieur.

 Avoir été touché de l’intérieur

L’essence du Sacré se révèle par le fait d’avoir été touché de l’intérieur.

Selon le degré de maturité de chacun, le fait d’être touché s’entendra autrement.

À un certain niveau, toute personne qui s’intéresse avec un minimum de sincérité au fait de suivre un chemin d’éveil spirituel, quelles que soient les obstacles égotiques encore existants, a été touché.

Le chemin ne peut tenir sans cela.

Ainsi, la force qui nous maintient droit sur le chemin ne dépend pas d’une volonté personnelle mais plutôt de la capacité à se mettre à nu. Plus la personne est dans un état d’accueil et d’offrande, plus la relation au Divin est cultivée.

Cela est de la Passion.

Naturellement guidé par la Foi, le fil d’Ariane, le chemin devient doux et facile. Quel que soient les obstacles, cette force déplace les montagnes.

Malgré les épreuves de la vie, cette force peut donner un sentiment intérieur d’enthousiasme, de Joie. Cette joie provient du fait de se voir évoluer, car la personne voit le monde depuis l’intérieur. C’est la joie de vivre de l’enfant. Cette Joie est une force naturelle de la vie qui fait pousser des fleurs, donne des fruits et des forêts entières.

La joie de vivre qui anime tous les enfants émane de la croissance rapide du corps physique. L’égo est le fait d’avoir les yeux tournés vers le monde extérieur, c’est une identification à la forme. Lorsque l’enfant croit, l’identification au corps physique (égo) est donc en mouvement rapide, se fondant plus ou moins au flux éternel de l’ici et maintenant.

Autrement dit, lorsque l’enfant vit une croissance normale, il n’a pratiquement pas de sentiment d’être séparé d’ici et maintenant, qui est source de joie. Ensuite dès que l’enfance est quittée pour rentrer dans l’adolescence, le ralentissement de la croissance du corps physique créé une impression de décalage par rapport au flux de la vie, ce qui donne naissance au corps émotionnel.

À l’entrée dans l’âge adulte, la croissance du corps physique arrive à maturité, donnant à l’égo l’impression qu’il s’est arrêté, tandis que l’éternel ici et maintenant continue. Cette impression d’être séparé de la fontaine de jouvence est alors rationalisée, donnant naissance au corps mental.

Ainsi, la fontaine de jouvence n’est pas un état particulier des corps, elle est au-delà. L’éveil ne peut donc se trouver au travers d’une thérapie. Être touché de l’intérieur est autre chose. Cela se ressent profondément comme provenant d’ailleurs, quelque chose de Divin, tout en étant naturel.

Cet « ailleurs » est au-delà de toute imagination, de tout concept, de toutes croyances, de toutes émotions de joie ou de souffrance, juste au-delà. Il ne peut donc être accueilli que par la nudité, l’innocence, sans attente ni désir.

Cet accueil innocent permet d’être touché au cœur.

Plus le touché est intense et profond, plus il amène à la prise de conscience que c’est une expression de la Vérité qui a été ressentie. Cette prise de conscience sauve, car elle peut laisser émerger la force toute puissante de la Foi, qui amène naturellement à bon port.

Cette force émergente est la fontaine de jouvence qui vient nous pénétrer à mesure que l’on se permet de recevoir. Indépendamment de l’âge et des épreuves de la vie, la joie de vivre de l’enfance peut alors revenir. À la différence essentielle que cette joie de vivre n’est plus liée à la croissance rapide du corps physique, elle est une impulsion qui semble provenir d’une liberté absolue, libérée de tout attachement.

Plus la force de la Foi prend de la place dans la vie de la personne, plus l’intention primordiale s’éclaircit. Cette intention est une naissance à sa véritable nature, qui nait infiniment. C’est un printemps éternel. Autrement dit, ici et maintenant.

Tandis que le Divin prend de plus en plus de place, l’accueil et l’offrande grandit dans la joie de vivre et l’enthousiasme dans un premier temps, puis dans une véritable Passion lorsque l’âme est profondément mûre.

La Force de la Foi est comme un fil conducteur. Selon la personne touchée de l’intérieur, l’interprétation psychique de ce qu’est, pour elle, la Vérité, sera différente. Certains ont l’impression d’évoluer vers une émancipation, une liberté absolue, ou encore vers le Bonheur, la Joie sans cause, la Paix suprême, la Félicité.

Tous les mots et concepts peuvent être posés sur Cela, mais ceux qui ont été spontanément choisis par la personne ont une saveur toute particulière. Pour la personne, le mot choisi est sa vérité. C’est son chemin, sa porte d’entrée.

Cette porte d’entrée est le degré de clarté de l’intention primordiale, ici et maintenant. Autrement dit, le degré de maturité intérieure de la personne.

Au fil du chemin, les mots posés sur sa vérité vont changer, ou se révéler dans une dimension de plus en plus essentielle.

À force d’être dans l’accueil et dans l’offrande, abandonnée dans la Foi, la personne finit par se laisser tellement déborder par l’Amour qu’elle tombe passionnément amoureuse de cette Vérité qui vient la caresser. Cette Vérité, c’est ce qu’elle est véritablement, bien qu’elle ne comprend pas encore bien, ce qu’est « moi ».

Dans cet état de Passion, le feu intérieur est si brûlant qu’il finit par devenir l’intention primordiale. La Passion est telle qu’elle permet d’aller au-delà de la pensée, de l’épuisement, de la sensation, de toutes perceptions, pour révéler la nature véritable de ce qu’est « je suis ». Sans habit, la vérité se vit alors de façon soudaine. On nait pour la première fois, et cela dans une naissance éternelle.

Le fait d’être touché se fait selon les perceptions de chacun. Certains peuvent avoir une expérience directe du Divin, tournés vers différentes sources de lumière dans d’autres plans de conscience.

Ce qui n’a rien à voir avec le fait de descendre dans différents de degrés de profondeur du mental, qui mène à d’autres types de perception, tel la canalisation (le channelling), l’impression de communiquer avec des guides, la vision d’anges, etc.

Le comportement de consommateur, autrement dit la tiédeur, peut s’appliquer exactement de la même façon dans ces différents types de perception. Dans ce cas, l’égo prend simplement des formes psychiques plus fantasmagoriques, plongeant dans un certain état de fascination sans qu’il n’y ait pour autant une reconnaissance de la dimension du Sacré.

Au lieu de s’incliner, l’égo peut même se sentir parfois plus vivant au travers de ces expériences psychiques.

Le touché intérieur est ici d’ordre non-conceptuel, même s’il peut donner lieu à des visions. Il ne s’agit pas de fascination mais plutôt d’un ébranlement intérieur plus ou moins profond selon le degré de maturité intérieure.

Si la personne entend, il peut y avoir reconnaissance immédiate d’être touché par la Grâce sans aucun doute possible. Cela peut aussi être la reconnaissance du Maître intérieur, qui selon les perceptions peut être projeté sur différents plans subtils de conscience ou sur une autre personne dans la matière.

Pour l’égo, c’est la reconnaissance d’une toute puissance, quelque chose d’aussi beau que de terrifiant dont il est impossible de tenir le regard. Cela force le respect. Une impression nette d’une grandeur qui le dépasse complètement et amène naturellement à l’expérience de la glorification. On veut tout donner pour cela.

Cela est être brûlant. De la Passion.

Plus la reconnaissance du touché intérieur est profonde, plus la Passion se révèle. L’accueil et l’offrande devient glorification.

D’autres font l’expérience du Divin au travers de la forme. Tout est possible. La façon dont est touchée notre nature profonde peut se projeter dans n’importe quels archétypes, symboles ou créations de la nature.

Une fois que la dimension du Sacré a été ne fut-ce qu’entre aperçue par le fait d’avoir été touché de l’intérieur, on peut maintenant approfondir notre relation au Divin.

 Cultiver la relation au Divin

« Dieu est plus proche de toi que ta veine jugulaire » dit le prophète Mohammed.

Cultiver la relation au Divin ne peut seulement se faire que pour la personne qui a été au préalable touchée.

La spiritualité est concrète. Progressivement, la personne passe du profane au Sacré dans la réalité de son quotidien. Cela est spiritualiser la matière par le seul fait d’être.

À mesure que la relation au Divin s’installe, la personne attache de moins en moins d’importance au but pour accueillir simplement ce qui est, ici et maintenant.

Cela demande un certain degré de maturité intérieure, qui de nouveau n’est pas quantifiable. Certains seront très rapidement brûlants, et cultiveront immédiatement cette relation de façon responsable.

Ainsi, la Foi étant le véritable fil conducteur, la personne se verra quitter une à une chacune de ses croyances, nécessitant un deuil plus ou moins long selon son niveau d’apprentissage du pardon.

Le pardon s’apprend à mesure que l’Amour prend la place au plus profond de sa chair.

L’éveil ne concerne pas l’individu. Tant que celui-ci existe, il se doit donc simplement d’être vigilant à ne pas intervenir sur ce processus naturel. Fondamentalement il ne peut pas intervenir, mais il rentrerait simplement dans des croyances, maintenant une illusion du libre arbitre, qui dans une distorsion de l’espace-temps lui donnerai l’impression d’une difficulté d’être ce qu’il est déjà.

C’est donc de l’agitation inutile. Plutôt que de tenter de prendre, la personne peut se retirer sereinement pour Lui laisser la place. Il est nécessaire de ralentir intérieurement, de prendre le temps de respirer, et d’écouter la profondeur se dévoiler du silence.

Cet état à la fois d’accueil et d’offrande ne résulte pas d’une volonté personnelle mais d’une dévotion en une grandeur qui nous dépasse. Plus la personne est dans un état de glorification, plus le processus se révèle naturellement au niveau de l’alchimie des corps.

C’est une culture qui devient progressivement notre nourriture essentielle.

Une grande partie des façons de se relier au Divin se résume en :

- La méditation

- La prière

- Le Japa, la répétition d’un mantra (utilisation de l’énergie du son ou le pouvoir du Verbe)       ou la répétition d’un nom Sacré (toute forme du Sacré qui nous a touchés peut aider à la           relation au Divin par la répétition de son nom)

- L’utilisation du corps, postures, contractions et gestes spécifiques (certaines formes de              yoga)

- Le chemin de la dévotion (Bhakti), toute acte de sacralisation de son quotidien, cultes,             cérémonies, chants, pèlerinages, rituels, etc.

À nouveau, il n’est pas trop d’insister sur le fait que ces façons de se relier au Divin ne peuvent être abordées que de manière responsable. Il ne s’agit pas de moyens dans le but d’atteindre quelque chose. Il s’agit de s’aider soi-même à recevoir.

Chaque prière, chaque méditation, chaque mantra, chaque façon de se relier au Divin est une offrande. Chaque attention mis dans une pensée, une parole, un acte, un comportement, est une offrande. Chaque pas, chaque regard, chaque écoute attentive est une offrande.

Le quotidien se sacralise ainsi.

Plus l’expérience devient offrande, plus l’innocence se dévoile.

C’est une culture de l’humilité, de la joie, de l’amour et de la compassion, de la sagesse.

La culture de l’accueil et de l’offrande se fait le regard tourné vers l’intérieur. La Vérité n’est pas demain, ni quelque part dans le monde. Sans attente ni désir, lorsque cette culture devient Passion, la glorification laisse cette Vérité se dévoiler sous nos pieds. Ici et maintenant.

La personne responsable, autrement dit innocente, peut ainsi entendre en quoi le chemin devient facile lorsque l’on se laisse inondé du Divin. Cultiver cette relation intime permet à la Foi de grandir. Cette force intérieure inébranlable prend de plus en plus de place tandis que la participation personnelle s’efface.

La danse subtile peut alors s’appliquer dans une douce mise à l’épreuve. La force intérieure permet de dire Oui à la vie de plus en plus facilement, tandis que les identités se découvrent une à une et que le Brûlant permet de traverser le doute, la perte de repères, et apprendre plus facilement à quitter, tourner la page, faire le deuil des anciennes croyances.

La Passion pardonne tout.

Elle permet de continuer à marcher, en faisant fit du jugement, fit de la culpabilité de mal faire. Il n’y a pas de mauvaise façon. Se permettre de recevoir est une reconnaissance de la miséricorde, essence de la vie. C’est reconnaitre la nudité, l’innocence. Toutes ces considérations sur soi n’ont pas de réalité. Elles ont été rêvées, elles peuvent maintenant être rendues.

Toute expérience de la vie, de la plus exaltante à la plus destructrice, est un merveilleux cadeau qui peut être offert au Divin. Rien de tout cela ne fait que Je Suis. Absolument tout doit Lui être offert pour se permettre de recevoir. Pour que la Grâce soit accueillie et simultanément rendue. Pour n’être que transparence.

Pardonner tout cela, rendre la liberté pour continuer à approfondir encore et encore cette culture de l’accueil et de l’offrande permet de rester vide, toujours vide.

Afin d’être consumé par le Feu Ardent de la Passion.

Un OUI brûlant sans condition à la voie du cœur, qu’il s’agisse d’une joie ou d’une colère.

Un Oui à la part féminine comme à la part masculine en soi, afin que l’accueil soit sans condition, et que le respect et la fermeté soit sans concession. Cela est cultiver la réalité du Sacré au quotidien, à la fois féminin et masculin.

Tout se passe dans une Passion intérieure qui devient de plus en plus intensément amoureuse à chaque nouvelle épreuve de la vie. Une relation de plus en plus intime qui pousse à vouloir Lui laisser toute la place. Pour qu’Il déchire mon poitrail. Cela s’explique, s’exprime de moins en moins, et se vit de plus en plus.

Tout finit par laisser place au Silence, qui n’est pas l’absence de bruit.

Pour que « je » redevienne poussières.

 Arpenter le chemin avec un guide

Dans ce présent texte, il est entendu par « guide » une personne qui a déjà arpenté le chemin avant nous et qui a maintenant pris conscience et le vit dans sa chair qu’il n’existe pas de chemin.

Il s’agit donc d’une personne qui a arrêté de chercher, car elle se connait.

Cette connaissance n’est pas de l’ordre du savoir intellectuel. Cela est Être. Cela n’est pas un état statique, il s’agit au contraire d’une consumation infinie en son sein. L’immobilité totale permet de voir le véritable mouvement, sans résistance.

C’est une naissance à l’Éternel. Le Verbe se conjugue à l’infini.

Être est liberté absolue. Reconnaissance que Tout est Amour, sans condition. Juste ici et maintenant. Cette reconnaissance est la clarté, c’est la connaissance.

Ainsi, selon la sensibilité de chacun, certaines personnes peuvent être touchées par celui qui vit un Amour plein, absent de peur, de doute, de confusion. Au travers d’une simple rencontre, d’une écoute ou d’un regard, d’un écrit ou de toute autres formes d’expression, il peut se produire une reconnaissance de l’essentiel, le véritable « soi » est touché.

Selon le degré de maturité intérieure, le touché est plus ou moins conscient. Il peut par exemple donner lieu à des expériences psychiques de toutes sortes, voire à une expérience d’unité, laissant temporairement l’activité mentale de côté, avant qu’elle ne refasse surface.

Si l’âme est mure, le touché est absent de toute interprétation et devient ainsi pleinement conscient. L’Essence est reconnue, Je Suis. La recherche s’arrête pour laisser place au simple fait d’Être, qui se suffit à lui-même.

Être est un état de reliance intérieure. Une relation intime. Une Alliance.

C’est la Promesse de l’Esprit Saint.

Beaucoup de personnes touchées à l’essentiel sont comme appelées par l’âme, malgré elles. Elles se sentent irrésistiblement portées par quelque chose qui semble progressivement se découvrir en elles.

Certaines par des lectures et écrits, peuvent avoir l’impression d’avoir un grand retard à rattraper tout à coup. Une fois qu’un guide a provoqué une reconnaissance, ce qui a été touché peut se refléter dans une infinité de circonstances de la vie. C’est un changement de perspective qui s’opère suite à des prises de conscience souvent subtiles, qui se révèlent parfois consciemment que bien plus tard. Doucement, le regard se tourne ainsi vers l’intérieur.

Le chemin et la forme du guide varient selon la sensibilité et la maturité de chacun. Une personne très mure peut s’apprendre elle-même à travers différents plans de conscience. Pour d’autres, quelques phrases, chants, peintures ou autres formes d’expression du coeur peuvent suffire comme guide pour se découvrir sur le chemin de la vie.

Aussi, la personne peut parfois éprouver consciemment le besoin de trouver un guide. Cela se révèle généralement par le fait de vouloir davantage en connaitre sur un auteur en particulier, ayant été touché, ou de vouloir échanger directement avec lui, de ressentir sa présence.

Si cela arrive, il est bon de prendre conscience qu’un guide n’est rien en particulier. Il n’est que le reflet de nos propres projections. Ces projections sont le résultat de l’interprétation de ce qui a fait écho en soi. Le guide est donc neutre. C’est de l’innocence. Juste Être, ici et maintenant. Cette transparence, absente de projection, reflète la coloration qu’a la personne du mot « guide ».

Ainsi, le considérer en bien ou en mal, est lui attacher un rôle défini là où il n’y a qu’ici et maintenant.

Dans ce cas, si la personne ressent juste d’arpenter le chemin avec un guide, et qu’elle a la chance d’en trouver un qui fait écho en son cœur, que peut-elle alors en attendre en réalité ?

Par le seul fait d’être, il lui montre ici et maintenant sa véritable nature.

En étant le témoignage vivant que Cela est possible, le guide permet à la personne de se reconnaitre. Il lui permet de trouver la force de rester à l’écoute d’elle-même. De continuer à s’aimer, quelle que soient les circonstances, et ainsi de trouver et de garder la Foi.

Sans fourvoiement possible, son vécu lui montre la seule véritable porte d’entrée, en son propre cœur.

« Aide-toi et le Ciel t’aidera ».

Parfois, il arrive que la personne éprouve une impression étrange de connaitre le guide depuis toujours. Cela est une projection de sa nature véritable qui est touchée, et se reconnait comme étant ce qu’elle a toujours été.

Ainsi, reconnaitre cet écho en son cœur et non le projeter à l’extérieur de soi est se permettre de recevoir.

Être en présence d’une personne libre d’agir, libérée de toute intention personnelle et donc de toute projection, créé instantanément un effet miroir pour celle qui projette encore.

C’est à travers ce jeu miroir que la personne prend progressivement conscience des mécanismes de la pensée et des émotions, et ainsi de la façon dont elle se considère.

Plus la personne est mure, plus elle prend conscience qu’elle réagit avec elle-même, s’enfermant toute seule dans ses propres projections, le guide n’étant aucunement concerné par cela.

Le guide peut lui montrer avec clarté ce qu’elle n’est pas. Il peut mettre en lumière tout ce qui va à l’encontre de cette reconnaissance profonde. Pour le reste, il vit déjà sa nature profonde, il ne reste donc qu’à elle de la reconnaitre, d’avoir la Foi, de se permettre de recevoir.

Cette prise de responsabilité est grandement facilitée par l’absence totale de jugement d’un guide. Il est alors plus facile d’être nu comme un enfant, juste simple et authentique.

C’est à cet endroit, au cœur de la vulnérabilité, de la nudité, que se communie l’instant présent, au-delà des mots et des actes, au-delà de toutes formes.

La nature véritable se reconnait d’elle-même au sein de cette communion. Il n’y a alors ni guide ni chercheur, simplement ici et maintenant.

Cette communion permet de vivre ce que le guide ne pourra jamais démontrer.

L’Amour se révèle et prend de plus en plus de place dans ces instants de Grâce qui peuvent se cultiver au quotidien et se multiplier au sein de la relation à la Présence. Cela est donc une culture de l’accueil et de l’offrande.

Finalement, dans bien des paroles de Sages, nous retrouvons le principe que nous ne pouvons creuser plusieurs puits à la fois. Nous ne pouvons traverser la rive sur deux embarcations en même temps.

Si ceci est mal interprété, nous tombons dans le dogme. Cela ne veut pas dire qu’il faut se sacrifier pour un dieu extérieur. Cette mauvaise compréhension est à l’origine des guerres des religions depuis des millénaires.

Pour l’éviter, il suffit simplement d’entendre que la seule et unique embarcation possible est la Foi. Celle-ci ne peut être trouvée dans une personne extérieure à nous.  Un guide peut seulement nous permettre, par le témoignage de ce qu’il est, de comprendre que cela est aussi possible pour nous. Il permet de trouver la Foi en soi.

C’est le plus important. Alors, la personne se laisse porter par la voie du cœur. Plus elle est mure, plus elle entend le guide comme faisant écho à ce qu’elle ressent en elle. Elle ne va pas dogmatiser ce qui peut être partagé, en s’attachant aux mots qui par leur nature duelle sont incapable d’exprimer la Vérité. Elle pourra ainsi voir la nature véritable de l’Amour, au-delà des contradictions apparentes. Car elle sent en son cœur que l’essentiel se passe dans une communion, au-delà des formes.

Que l’on reste des années avec le même guide où que l’on se nourrisse de plusieurs sources, si l’on reste ancré dans son cœur, il est reconnu que cela n’est que différents reflets de la même Vérité.

Cela ne doit aucunement être confondu avec la dispersion, qui pend au nez de l’attitude irresponsable du consommateur. Celui-là végète de forme en forme d’enseignement, sans jamais rien approfondir.

L’irresponsabilité est de l’agitation inutile. À l’opposé, la personne ralentit intérieurement pour s’écouter toujours plus, tandis que l’âme murit.

Cette écoute mène naturellement vers ce que la raison ne peut trouver. La personne à l’écoute d’elle-même, laisse ses intentions de côté, et découvre ici et maintenant ce vers quoi elle ressent juste d’être menée.

Cette écoute du cœur, soutenue par la Foi, est le seule guide qui puisse nous mener à bon port. Ce guide, en vérité, est au-delà de toutes perceptions, c’est ce que nous sommes de plus intime qui pousse à prendre toute la place. S’il est sans forme, il fait écho dans une multitude de formes au fil du chemin de la personne.

Chaque écho est comme un signe de ce guide, une note d’essence qui peut être entendue si l’on est au plus près de son cœur. Dans cette écoute intime, la voie se trace naturellement ici et maintenant, sans attente ni désir.

Certains seront naturellement portés vers une forme d’énergie particulière, une personne, un enseignement ou autre, qui semble répondre pleinement à cette écoute intérieure. Pour d’autres, la voie du cœur se reflètera de temps à autre dans différentes sources. Cela peut être le chemin par lequel passer pour vivre dans la chair que l’Amour s’exprime d’une seule voix.

Celui qui est porté par la Foi reste droit, il ne fait que continuer à marcher en expérimentant d’autres façons d’exprimer la Vérité. Ainsi pour voir véritablement le jaune, il peut parfois être utile d’expérimenter le bleu, puis le vert. Progressivement, il peut ainsi tendre vers le blanc.

Si la Foi est telle qu’elle devient brûlante de Passion, il n’y a même plus de navigation en eaux troubles pour atteindre l’autre rive. Les flots s’ouvrent directement en deux jusqu’à la Terre Promise.

À travers le blog, par l’écrit, la voix et la vidéo, il vous est offert une possibilité de vous écouter, de communier en votre cœur. Un lieu d’accueil et d’offrande est mis à votre disposition. Plus loin, pour ceux qui ressentent un écho dans leur cœur, a été mis en place une possibilité d’approfondir cette culture au quotidien, afin que l’Amour finisse par prendre toute la place ici et maintenant, pour un repos éternel.

C’est ce qui vous est proposé ici.

Vous pouvez ainsi y trouver la notion des 3 refuges ou 3 joyaux, largement répandue en Orient, que sont la Vérité (Bouddha, Christ, Krishna, Mohammed, Isaïe, etc.), l’enseignement de la Vérité (le Dharma), et la communauté (le Sangha).

Face aux affres du mental, il est ici possible de trouver refuge en son cœur.

La Présence est comme un roc surmonté d’un phare dressé haut dans la nuit. Lorsque la personne est épuisée de nager contre vents et marrées, elle finit tôt ou tard par trouver le repos au pied du phare.

 La place de la thérapie sur un chemin d’éveil

Comme il a déjà été écrit dans un article du blog, la thérapie n’est pas de la spiritualité, mais il peut parfois être utile d’effectuer cette démarche sur le chemin si cela est ressenti comme étant juste en son cœur.

Ainsi, si la thérapie répond au besoin de se sentir bien, la spiritualité libère de tous besoins.

L’un apporte un bien-être relatif, l’autre permet de trouver le Bien Suprême. Le Saint Graal.

Dans ce présent texte, il est ici question de la place de la thérapie sur un chemin d’éveil spirituel. Ainsi, tant que la personne n’a pas pris la responsabilité de se permettre de recevoir, elle ne fait que consommer de la thérapie.

Cette consommation peut aller de tous types de relation avec un professionnel de la santé, à l’utilisation de méthodes multiples de développement personnel, de techniques psycho-énergétiques, etc.

Bien sûr, aucune de ces démarches n’est remise en cause car elles ont toutes profondément leur raison d’être. Il est simplement bon de comprendre que, quelle que soit la grandeur d’un enseignement, il se dévitalise jusqu’à être totalement dépourvu d’âme par le seul fait de le considérer comme un consommable.

À l’opposé, le fait d’avoir du respect pour ce qu’il se trouve sur notre chemin, en évitant de le réduire en un jugement de valeur, est se permettre d’accueillir.

Ainsi la Beauté s’expérimente en toutes choses à travers la culture de l’accueil et de l’offrande. Cette culture est l’essentiel. Elle permet d’être à l’écoute de soi et de savoir ce qui est juste. Certains seront naturellement amenés à utiliser une technique ou une méthode particulière ou à rencontrer un thérapeute qui est ressenti comme étant juste sur son chemin. Puis vient le moment où le cœur nous dit qu’il est temps de passer à autre chose.

Dans l’innocence de l’accueil et de l’offrande, la voie du cœur est sans attente ni désir.  Parce que la personne a pris la responsabilité de se mettre à nue, en constatant l’impuissance de sa volonté personnelle, la Foi la maintenant redressée, et lui donne la force de marcher sans se retourner.

La joie de vivre puis la Passion réside au cœur de cette culture. Celle-ci ne dépend aucunement de ce qui se présente alors sur le chemin, comme par exemple une nouvelle forme  de thérapie, ce qui libère de tout attachement particulier.

L’attitude irresponsable du consommateur vient du fait qu’il n’a pas encore pris conscience de sa totale impuissance à pouvoir trouver la pleine satisfaction.

L’utilisation d’une thérapie ou d’une technique de bien-être vient alors d’une volonté personnelle et non du cœur. Bien souvent, cette volonté va même à l’encontre de ce qui est ressenti juste, si la personne se permettait de s’écouter.

Dans ce contexte, la décision égotique d’entamer une thérapie devient une résistance, une fuite au ressenti de lâcher prise. On préfère soigner le rôle auquel on s’attache plutôt que de l’abandonner.

À travers le bien-être, l’égo a ainsi trouvé un nouveau souffle en plaçant par ci par là un petit pansement pour empêcher toute la souffrance d’éclater.

Bien souvent, le chemin du développement personnel sert en ce sens. On caresse nos rôles, dans une course à la performance jusqu’à ce que l’on n’en peut plus de courir et que l’on lâche tous nos objectifs.

Le phénomène de burn out de plus en plus courant dans le monde du travail, est un exemple flagrant du murissement de l’âme qui pousse à ralentir intérieurement pour pouvoir être écoutée.

Ainsi, il est bon d’avoir conscience que la plupart des démarches de bien-être abordées avec une intention personnelle ne vont faire que freiner une culture saine de l’accueil et de l’offrande.

Un mot sur l’alchimie

L’alchimie est la transformation constante de la matière.

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Hermès.

Ainsi si rien n’est figé, rien ne peut être isolé. L’impression d’être séparé de la source qui a fait naitre un dieu extérieur et les religions est donc une croyance en la forme particularisée là où en Vérité, tout est interdépendant.

Cette croyance créé l’attachement à la souffrance, et rend ainsi aveugle sur le fait qu’elle n’appartient à personne. Redécouvrir l’alchimie, autrement dit le mouvement perpétuel et concret des énergies, permet de vivre la danse des formes, et ainsi de se libérer de la matière.

La Foi permet de recouvrer la vue.

Aujourd’hui, on peut préciser que le contexte énergétique est différent d’autrefois. Tout est aujourd’hui mis en place pour faciliter l’abandon dans le cœur.

Le fait d’Être n’est pas explicable. Cela ne peut que se vivre. Tous les mots, concepts, symboles, archétypes sont des distorsions mentales de ce qui n’est pas.

Autrement dit, le monde de la forme, de la plus solide à la plus subtile est un rêve.

Ainsi, au sein de l’Éternel accompli, se rêve l’accomplissement.

L’idée d’un chemin vers l’éveil prend forme dans le rêve. Tout ce qui est de l’ordre de la perception fait partie du rêve. Le rêve peut prendre une infinité de formes, une infinité de dimensions, et chacune d’elles est limitée par une relativité différente. La Vérité est absolue.

Cela est une danse de toutes les formes simultanément dissoute dans le sans forme par la Grâce Divine.

Le rêve est organisé. Il est régi par des lois, selon une géométrie Sacrée, ou multidimensionnelle. Tant que la personne est enfermée dans sa prison psychologique, elle ne peut voir que partiellement ces lois, ce qui peut parfois lui donner l’impression que tout n’est pas parfait ici et maintenant.

Ainsi, le rêve de la vie d’être humain sur Terre est rythmé par des cycles cosmiques, qui ont une réalité relative selon la perception de l’espace-temps ici et maintenant. Plus l’espace et le temps semblent figés, plus l’activité mentale aveugle la Foi.

L’éveil spirituel est la transcendance du rêve, ce qui paradoxalement permet de vivre pleinement le rêve, ici et maintenant. Il n’existe rien en dehors du rêve. Il y a simplement reconnaissance que Tout est rêve. L’éveil n’est donc pas un déracinement complet, c’est au contraire le fait d’être pleinement présent, dans la simplicité du quotidien.

Il n’y a simplement plus d’identification aux rôles que l’on joue. On est alors comme un enfant qui joue innocemment, sans se prendre au sérieux. Cela est la véritable naissance.

Le contexte énergétique nouveau que nous vivons aujourd’hui est dû au fait que le cycle cosmique actuel donne une impression d’espace et de temps de moins en moins figée, ce qui donne pour chaque être humain, une impression de plus en plus relative de la réalité du monde extérieure.

D’une certaine façon, on peut dire que l’activité mentale ne peut plus raisonner la réalité lorsque celle-ci devient trop relative. Le mental est alors transcendé et l’identification au rêve s’arrête. C’est la libération de la réaction au monde, étant perçu comme n’ayant pas de réalité propre. Reste la Complétude.

L’âme est un concept qui exprime ce qui peut être ressenti dans la forme. C’est donc de la sensibilité. Le mot « âme » de par sa vibration proche du mot Amour, Ama, maman, etc. permet une résonnance avec la part sensible en soi, autrement dit, ce qui n’est pas de l’ordre de la raison.

Ceci dit, tant que l’activité mentale n’est pas harmonisée, celle-ci interprète cette résonnance intérieure en donnant l’impression que cette sensibilité se trouve dans le(s) corps. Cette impression est une distorsion mentale, autrement dit une vision égocentrée de l’âme multidimensionnelle, ou quantique.

Ainsi, si l’âme est toutes choses, son niveau d’imprégnation dans la forme varie selon l’intensité de l’activité mentale. Plus celle-ci est intense, plus l’âme donne l’impression d’être compartimentée, créant en même temps une impression de séparation. Celui qui manque de Foi souffre de sa raison. Plus l’activité mentale se dissout, en se désidentifiant progressivement de chacun de ses rôles à travers une culture de l’accueil et de l’offrande, plus le sentiment d’unité apparait en même temps que la Foi grandit.

De par le phénomène d’interdépendance, ce qu’il est impossible de vivre mentalement est que l’âme est à la fois toutes les formes et chacune d’entre elles en particulier. Chaque particularité est le Tout en même temps que le Tout est l’ensemble des particularités dissoutes.

L’un est l’autre, tout comme matière est égale à énergie.

La manière dont l’âme se particularise en chacun est organisée de façon géométrique. Cette particularisation n’est pas figée, il s’agit d’un ensemencement de la forme régit par la danse des 4 éléments.

Aussi, l’âme est avant tout celle de la Terre Mère avant celle des êtres humains, qui elle-même est ensemencée de façon cosmique. Elle mûrit et créé ainsi une impression de mûrissement différent en chacun, selon un rythme propre qui est décidé depuis tous temps.

Dans le contexte énergétique d’aujourd’hui, on peut exprimer qu’au sein du rêve, l’âme est en train de se retourner intérieurement vers la multi dimensionnalité de l’Esprit.

Cela entraine une modification dans l’ADN terrestre qui retrouve progressivement son aspect quantique. Ainsi les 4 éléments se retrouvent progressivement inondés de la lumière de l’Esprit, se sacralisant jusqu’à retrouver l’harmonie. Une fois les 4 éléments harmonisés, il y a la quintessence. Le rêve est alors reconnu, ce qui permet l’accueil inconditionnel ici et maintenant, autrement dit le fait d’Être pour la première fois. Complétude éternelle quelle que soit la forme du rêve. Présence. Ici et maintenant.

Jésus Christ l’illustre par la phrase « Être dans le monde sans être de ce monde ».

Ce phénomène énergétique en évolution rapide produit que les gens peuvent être de plus en plus en perte de repères. Tout devenant plus relatif, le flux de la vie ici et maintenant pénètre chacun des cœurs tandis que le mental perd sa capacité à contrôler.

La Terre Mère est comme entourée d’un voile mental qui est en train de se dissoudre. Cette impression de dissolution varie selon le rythme d’ouverture du cœur de chacun. Ce voile mental maintient les limites de l’espace et du temps et projette un monde apocalyptique.

Ceci n’est qu’une interprétation mentale des 4 éléments embrasés du Feu de l’Esprit qui créé une réalité spatio-temporelle en plein effondrement. Les 4 cavaliers de l’apocalypse de Saint-Jean représentent les 4 éléments en Feu, alors que la fin du monde ou la fin du temps, prédit de toutes traditions, est l’effacement de toute disharmonie entre les 4 éléments, faisant disparaitre ce que l’on appelle l’activité mentale.

Le monde actuel, en saturation dans tous les domaines, écologique, politique, économique, professionnel, santé, etc. n’est donc que le reflet de la dissolution mentale, avant que le rêve ne prenne une autre forme.

Aussi, les énergies poussent tellement à l’abandon dans le cœur que celui qui résiste souffrira davantage qu’auparavant. Plus on croit à l’intérêt de garder l’ancien, plus on nage à contre-courant. Plus on décide d’abandonner toutes nos connaissances, toutes nos certitudes, nos identités pour être dans l’innocence de l’accueil ici et maintenant, plus la Foi nous emmènera facilement à la maison.

En cela peut être entendu la phrase de Jésus Christ : « Les premiers seront les derniers ».

Ce nouveau cycle peut chez certains augmenter la sensibilité énergétique au niveau des différents corps. Des maux de toutes sortes peuvent également se produire, et il est donc bon de prendre le temps de se reposer et de laisser faire, si cela est ressenti comme nécessaire. Il ne s’agit pas de fuir, simplement de ralentir intérieurement pour être à l’écoute de ce que dit le cœur.

Au niveau de l’alchimie des corps, selon la sensibilité de chacun, des changements importants peuvent être ressentis dans chacun des chakras, particulièrement au niveau de la base de la colonne vertébrale, la Kundalini, au sommet du crâne, le coronal, et au niveau du thymus, chakra du cœur.

Cette impression de dissolution de l’espace-temps créé également un phénomène d’unification des passés et des futurs ici et maintenant. Projetés mentalement, cela donne par exemple des découvertes archéologiques de plus en plus nombreuses sur les anciennes civilisations qui sont en train de se faire actuellement.

Aussi, certaines initiations passées, notamment liées, entre autres, à l’ancienne Égypte, peuvent aujourd’hui revoir le jour.

De nombreuses initiations énergétiques existent aujourd’hui sur internet, et ont malheureusement ouvert les portes sur un marché de consommation de l’énergie.

Il est donc bon encore une fois d’aborder une démarche initiatique avec une grande responsabilité, dans l’attitude de l’accueil et de l’offrande. Certains à l’écoute du cœur se sentiront naturellement appelés par certaines formes d’énergie, il est alors bon d’y répondre.

Toute démarche initiatique qui répond à un appel sincère du cœur, sans intention personnelle, sans attente ni désir, est une belle façon d’augmenter la Foi en ce que nous sommes véritablement.

Certains ne se sentiront pas appelés par ces formes particulières d’initiation, car ils ressentent le cœur s’ouvrir de lui-même, progressivement, au travers de l’innocence de l’accueil et de l’offrande dans la simplicité du quotidien.

Cela dépend de la sensibilité de chacun. La voie juste est celle du cœur, et celle-ci est unique. Mais quel que soit la forme du chemin, ce nouveau contexte permet à l’œuvre alchimique de se découvrir de plus en plus en chacun.

Ainsi, la culture de l’accueil et de l’offrande, à travers toutes les façons de se relier au Divin, est alchimique. Une attention pleinement consciente ici et maintenant est la lumière de l’Esprit qui sacralise la matière.

Lorsque l’alchimie est consciemment vécue, l’aspect non figé de la matière ne peut plus emprisonner, la Foi peut alors grandir jusqu’à ce que l’Amour prenne toute la place.

Qu’il en soit ainsi.

Dans la paix du cœur,

Quentin

http://www.la-joie-du-monde-nouveau.com

 

Important : Vous êtes invité à partager tout ou partie de ce texte, à condition de ne pas le modifier et de  mentionner ceci :
« Quentin Disneur - http://www.la-joie-du-monde-nouveau.com » 
Merci.